Retour à la recherche sur la réussite des garçons

Exemples de pratiques pédagogiques
favorisant
la réussite des garçons

par Jean-Guy Lemery

« Il faut engendrer des acteurs bien plus que des spectateurs »
Boris Cyrulnick

Tenir compte du besoin de se situer dans l’action des garçons

  1. Favoriser en classe l’usage de matériels de manipulation, de périodes de représentation où l’on utilise dessin, montages, théâtre, etc.
  2. Prévoir en classe des périodes de détente entre les différentes activités pendant lesquelles les élèves peuvent se déplacer, bouger. L'activité physique et les sports doivent faire partie des activités scolaires.

Tenir compte de la saisie globalisante des garçons

  1. Situer l’apprentissage dans son ensemble, donner les objectifs, expliquer les pourquoi, donner le contexte, présenter des images…
  2. Offrir des apprentissages par Projet où on perçoit davantage les liens entre les connaissances à maîtriser et les habiletés à développer. Utiliser des métaphores, susciter des images mentales. Aller chercher leurs propres comparaisons, voir les différences, faire des liens avec d’autres sujets.
  3. Accepter d’accorder moins d’importance à la propreté des cahiers, à la qualité de la calligraphie si les objectifs sont atteints.

Tenir compte des intérêts des garçons

Proposer en classe des centres d’intérêts ou des pistes d’activités touchant le sport, le jeu, les sciences, la fiction, etc. Revoir les sujets de lecture et de composition proposés aux garçons.

    Tenir compte de certaines particularités dans la façon d’apprendre des garçons.

    1. Ne pas se limiter à un enseignement “verbal” magistral : proposer du travail collectif, des ateliers, des projets, etc.
    2. Donner les consignes à plusieurs volets en sections distinctes et non tout d’une traite en tenant compte de l’âge et permettre des ajustements dans l’évolution de l’apprentissage.
    3. S’assurer qu’il y ait le moins de distracteurs possible quand les élèves ont à faire un travail individuellement .
    4. Mettre au point des horaires hebdomadaires réguliers ou exposer l’horaire du jour en début de journée (encore mieux, dresser ces horaires avec les élèves).
    5. Favoriser l’usage de la gestion mentale et de stratégies cognitives. Donner du temps pour organiser mentalement les nouveaux apprentissages.
    6. Favoriser l’usage de l’ordinateur en classe (stimulation visuelle, rétroaction immédiate et contrôle par l’élève lui-même ).

    Tenir compte d’attitudes aimées des garçons

    • démontrer le bon sens de ses prises de position ;
    • donner des règles claires ;
    • établir des conséquences pour les moments où les règles ne sont pas respectées ;
    • de pas se formaliser de “certaines façons de faire”.
    Améliorer l’image des hommes auprès des garçons.
    1. Engager plus d’enseignants-hommes au primaire.
    2. Susciter la participation des pères et des grands-pères dans des ateliers à l’école (par exemple à titre de moniteurs en lecture et en écriture, pas seulement en sport et en menuiserie...). Organiser un parrainage de grands avec des plus jeunes.
    3. S’adresser aux pères quand on veut améliorer le comportement d’un enfant à l’école (dans ses travaux scolaires autant que sur la cour de récréation et dans les autobus), pour leur faire jouer un rôle de coopérant (et non un rôle de contrôleur). Rappeler au père qu’il a un rôle important auprès de son enfant. Lui démontrer que son rôle peut être différent de la mère.
    4. Informer les parents et le personnel enseignant de l’impact des différences de développement, d’attitudes , de comportements sociaux et culturels entre les garçons et les filles et des pratiques parentales à adopter pour en tenir compte.
    5. Les placer en contact avec des modèles masculins autres que sportifs ( ex. sciences). Inviter les pères et les mères à parler de leur métier.
    6. Créer des rituels : slogan, chanson, acclamations, cris de ralliement, signes d’identification
    7. Célébrer les réussites. Susciter de bonnes émotions.
    8. Vos trouvailles…
    Est-ce que dans ma classe les deux hémisphères des filles et des garçons sont vraiment au travail ?
    Une séquence d’apprentissage devrait comprendre :
    1. Une conscientisation.
    2. La prise d’information ( un intake pas un input )
    3. Le traitement (encodage )
    4. Une production ( utilisation personnalisée ).
    Les victoires de l’apprenant : chaque fois qu’il ou elle a créé, inventé, découvert, ou tout simplement, exploré, cherché, attendu, recommencé, identifié, compris, ajouté, différencié, comparé, ressenti, réfléchi etc.

    N’oublions pas que c’est avant tout dans le processus qu’un cerveau se développe et non dans la réponse.


    Et je salue bien haut tous ceux et celles qui se sont donné le défi de développer des cerveaux !

    Jean-Guy Lemery